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Jeudi 21 Février 2008

1) L’entreprise collaborative face au dilemme : réussira-t-elle le pari de l’entreprise citoyenne

2) Une bonne gestion de la chaîne logistique est un atout concurrentiel

3) Table ronde sur les performances environnementales des pratiques de transport et de logistique

4) Groupe La Poste Réflexions sur la réduction des impacts environnementaux des transports

5) La R & D pour satisfaire l’objectif environnemental

6) Le volet comportemental donne la priorité à l’écoconduite

7) Le plan d’action Transport d’Easydis (groupe Casino)

8) Le système de tracking mis en œuvre par Easydis

9) Le Plan de Déplacement d’Entreprise réussi par ST Microelectronics Grenoble

10) La démarche PDE, c’est quoi au juste ?

11) Les résultats de ce challenge : 50 % de transports alternatifs


La Délégation Rhône Alpes de l’ASLOG a organisé à Lyon, le 19 juin 2007, sa première journée de séminaire "Transport et Environnement" autour du fil conducteur des bonnes pratiques urbaines. Il est vrai que la ville de Lyon, carrefour des échanges internationaux, assiste à l’augmentation de ses activités logistiques, au développement du tourisme urbain et à une volonté croissante de maintenir des activités économiques en centre-ville. La maîtrise des flux de marchandises urbains relève de challenges complexes, indispensables à la vie économique et sociale des villes. D’un côté les exigences des consommateurs génèrent des trafics en augmentation. De l’autre, les populations citadines aspirent à évoluer dans un espace où il fait bon vivre, tout en restant en attente de solutions économiques soucieuses de leur environnement. Il s’avère désormais nécessaire de conjuguer les enjeux sociaux, économiques et environnementaux, afin d’en dégager des pratiques durables, mesurer leur impact sur la collectivité et contribuer à leur diffusion à l’échelle européenne. Ce sont là autant d’intérêts contradictoires à intégrer dans la recherche d’une solution d’avenir cohérente pour tous.

« Qui a déjà passé une commande par Internet ? ». La question méritait d’être posée. Et Frédéric Hendrik, directeur délégué en charge des actions régionales de l’ASLOG, de remarquer que l’homme de la rue (vous, moi, nous qui habitons en zone urbaine ou périurbaine) passe commande sur Internet, s’attend à être livré aussitôt après… Par télétransportation, pourquoi pas ? Puisque bien souvent le produit acheté provient de l’autre bout de la Terre, et a parcouru entre 10 000 et 15 000 km. A la limite, on accepterait de le recevoir le plus vite possible, entre 48 heures et une semaine au plus tard après la commande. « Nous autres, consommateurs, nous sommes tous de plus en plus exigeants sur les délais, et ceci, sans qu’il y ait le moindre impact sur notre environnement ! ».

L’homme de la rue – écologique par nature – s’attend même à une réduction de l’impact sur l’environnement. À l’évidence, en somme, l’attente du consommateur est en totale contradiction avec les exigences citoyennes ! « Cette contradiction est appelée à être gérée par les professionnels de la logistique ! », lance Frédéric Hendrik qui concrétise ainsi la présence de l’ASLOG au sein de la région Rhône Alpes, aux côtés de l’ensemble des acteurs locaux, au premier plan desquels figurent les acteurs consulaires, ceux-ci ayant un contact privilégié avec les entreprises.


« Malgré cette contradiction… », commente pour sa part Jean-Luc Bernardet, secrétaire général de l’Alliance Logistique de la Région Urbaine de Lyon (présidée par Jacques Lambert), «… depuis les années soixante-dix, la logistique s’est considérablement développée. La région dispose aujourd’hui d’un parc logistique qui a doublé en moins de 10 ans, pour atteindre plus de 3 millions de mètres carrés entre l’Isle d’Abeau, la Plaine de l’Ain, le sud-est de Lyon ». Un "deal" s’est concrétisé avec les élus par un schéma de cohérence du développement des activités logistiques. Il a vu la création, fin 1999, de cette Alliance Logistique qui vise à répondre à la demande d’interface entre les logisticiens et les collectivités locales. Comme son nom l’indique, l’Alliance se veut œcuménique : elle a pour vocation de regrouper les prestataires, les chargeurs, les distributeurs, les professionnels de l’informatique propre à la logistique, les organismes de promotions, les parcs accueillant des entrepôts, les organismes de formation… Depuis une demi-douzaine d’années, les logisticiens bénéficient là d’une représentation. « Nous avons été amenés à traiter les thèmes les plus divers, comme la disponibilité du foncier logistique, les infrastructures de transport, la réorganisation des marchandises en ville… », précise Jean-Luc Bernardet qui s’interroge aujourd’hui sur l’art et la manière d’aller plus loin dans l’animation logistique du territoire sur lequel il intervient, pour satisfaire les nouveaux besoins exprimés par les entreprises : ainsi en est-il de la création du Pôle d’Intelligence Logistique pour satisfaire les besoins d’échanges, ou de la mobilisation des logisticiens autour de la Délégation Régionale de l’ASLOG qui a organisé cette belle journée sur le thème de la logistique et l’environnement. Thème qui interpelle les chargés de mission Environnement des CCI locales sur des questions relatives au système de management de l’environnement, au transport, comme à la logistique des marchandises dangereuses…

L’entreprise collaborative face au dilemme : réussira-t-elle le pari de l’entreprise citoyenne
 
C’est à Fulvia Allievi Dorosz, présidente de la Commission Logistique et Environnement de l’ASLOG que revient la mission d’ouvrir les débats. Deux remarques préliminaires sont nécessaires : la logistique qui représente 13,8 % du PIB mondial, est devenue le nerf de la guerre, le bras armé de la stratégie des entreprises. Par ailleurs, le thème d’aujourd’hui : l’environnement, ne doit pas être un effet de mode. Car la mode ne dure en fait qu’une saison. Ce doit être un thème de préoccupation permanente dans les entreprises.
« Il est souvent question d’entreprise collaborative, d’entreprise étendue englobant de nombreux partenaires partout dans le monde… », poursuit Fulvia Allievi Dorosz : «… Comment réussira-t-elle à être aussi une entreprise citoyenne ? ». Cette question nécessite de prendre quelque recul, de mener des réflexions globales à l’instar de ce qui est fait par la Commission Logistique et Environnement de l’ASLOG, dont la mission est de « sensibiliser, accompagner et former la communauté logistique à la mise en œuvre desbonnes pratiques environnementalesconstitutives de la nouvelle performance logistique ». à l’évidence, les organisations ont changé. L’entreprise collaborative se caractérise désormais par une complexification des flux physiques et humains, un élargissement géographique et économique de l’échange (le sourcing dans les pays "low-cost" devient une pratique courante), un développement de partenariats multinationaux. Les organisations logistiques sont devenues extrêmement complexes, tellement complexes qu’elles ont aujourd’hui des impacts économiques, sociaux et environnementaux. « L’entreprise prend conscience que la modélisation de sa chaîne logistique doit être revue de façon globalement plus performante », affirme Fulvia Allievi Dorosz pour qui, « dans les nouvelles organisations logistiques, les métiers changent. Les compétences nécessaires au pilotage de cette chaîne complexe ont évolué et sont multiples. Les impacts de son activité sur l’environnement sont de plus en plus importants, et doivent être pris en compte. Nous estimons la maturité des entreprises par leur capacité à intégrer les contraintes logistiques résultant au plus haut de sa planification stratégique ».
 
Une bonne gestion de la chaîne logistique est un atout concurrentiel
 
C’est dans les actes qu’on va juger l’entreprise, et la gestion de la chaîne logistique, bras armé de la stratégie. « Le challenge de l’entreprenariat responsable est de démontrer l’interdépendance de toute entreprise humaine avec son environnement, en amenant celle-ci à une prise de conscience de sa gestion responsable, de la"gouvernance" ». Il n’empêche que, pour satisfaire ses multiples partenaires (actionnaires, parties prenantes, société civile), l’entreprise responsable doit s’engager dans un changement profond de son organisation. « Il ne s’agit pas pour cela de redéfinir ses objectifs, sa mission, ni même sa stratégie », insiste Fulvia Allievi Dorosz, « il s’agit avant tout de changer de manière d’évaluer sa performance ! L’idée fondatrice du développement durable est qu’il est possible de créer simultanément de la valeur sur les trois éléments constitutifs du développement durable : "Profits, Persons, Planet"… Les 3P que le fondateur du cabinet britannique appelle le "triple bottom line" ».
 
Le développement durable est construit à partir de ce schéma de responsabilisation des activités des entreprises.
 
Ces considérations amènent quelques réflexions complémentaires :
      La maîtrise de la demande de transport (flux et volumes) passe par la réingénierie des circuits d’approvisionnements et/ou de distribution (multipick, multidrop, massification…) dans une approche de performance globale.
      La modélisation collaborative de l’organisation logistique globale implique la mise en place de schémas collaboratifs (GPA[1], GMA[2], CPFR[3]…). Essentiel dans toute collaboration : se parler !
      L’inscription du développement durable dans le projet d’entreprise implique la mise en place de chartes [« je m’engage à… »] telles que la charte de l’environnement, de conventions logistiques précisant les attentes de chacun (client et donneur d’ordres), de cahiers des charges (une démarche collaborative bien formalisée permet d’envisager de se mesurer)… et la prise en compte des principes de l’éco-conception, du PLM[4], du QSE (source de haute qualité environnementale), du Bilan Carbone™, de l’empreinte écologique…


[1] Gestion Partagée des Approvisionnements
[2] Gestion Mutualisée des Approvisionnements
[3] Collaborative Planning, Forecasting and Replenishment
[4] Product Lifecycle Management
Table ronde sur les performances environnementales des pratiques de transport et de logistique
 
Cette première table ronde animée par Dimitri Coulon (association OREE de protection de l’environnement) réunit :
      Monique Sirven (Agence Régionale pour l’environnement)
      Fulvia Allievi Dorosz (ASLOG)
      Pascal Beyrand (groupe Casino)
      Benjamin Garcia (La Poste)
      Pascale Poblet (STMicroelectronics)
Rappelons d’emblée qu’Orée a établi un Guide – réalisation concrète d’un groupe de travail de l’association — de mise en place des projets environnementaux dans les différentes organisations (entreprises, collectivités). Plus d’une centaine de personnes a travaillé entre 2004 et 2006 sur ce Guide, qui incorpore 17 retours d’expérience. Il s’adresse à tous ceux qui ont une influence sur la demande de transport : responsables Environnement, responsables Logistique…
 
Monique Sirven traite des enjeux environnementaux en milieu urbain (le transport de marchandises en ville, sur le dernier maillon de la chaîne logistique). « Le transport de marchandises en ville est un paradoxe », dit-elle de prime abord. « C’est indispensable, mais c’est aussi une source de nuisances vécue comme un mal nécessaire ». Force est de constater que toutes les activités, quelles qu’elles soient, agricoles, industrielles, tertiaires, font appel à des ressources de transport, avec des enjeux de développement durable. « Le transport de marchandises en ville subit des contraintes complexes (cadre réglementaire, structures urbaines, possibilité de stationnement, modifications des pratiques résultant du développement du commerce électronique…) et difficiles à coordonner ». De là découlent les enjeux logistiques et économiques vis-à-vis de l’environnement, nécessitant la concertation entre les différents acteurs, du logisticien jusqu’au citoyen consommateur.
 
 
Groupe La Poste
Réflexions sur la réduction des impacts environnementaux des transports
 
Benjamin Garcia, chargé de mission Environnement à la Direction du Développement Durable de La Poste, présente les travaux actuels de ce grand prestataire du transport et de la distribution du courrier qu’est La Poste.
 
La Poste ? C’est l’une des premières entreprises européennes de service avec 300 000 collaborateurs et un chiffre d’affaire 2006 de 20,1 milliards d’euros. Son organisation est focalisée autour de 4 métiers (désignés désormais comme étant des "business units") :
Ø Courrier : 60 % du chiffre d’affaires, 2e opérateur européen,
Ø Colis Express avec des filiales dans 30 pays, 460 agences… Un marché en pleine expansion,
Ø La Banque Postale : 3e banque de détail en France,
Ø Le Réseau Grand Public (autrement dit, les bureaux de poste) : 17 000 points de contact, 2,6 millions de visiteurs par jour.
Par ailleurs, 70 % de l’activité de La Poste est réalisée dans un environnement concurrentiel (demain, ce sera 100 %). Le marché des entreprises représente 85 % du chiffre d’affaires. Enfin, 15,2 % de l’activité est réalisée sur le marché international.
« Le transport est notre cœur de métier » insiste Benjamin Garcia. Qu’on en juge ! Ce sont 987 millions de kilomètres (tous modes confondus) qui ont été parcourus en 2006. On dénombre par ailleurs 70 000 tournées de facteurs par jour, et 95 millions d’objets sont transportés chaque jour, soit un total de 29 milliards d’objets par an ! Pour ce faire, La Poste dispose de 67 000 véhicules motorisés (la première flotte de France), 30 000 vélos, 20 avions, et 3 TGV. Il en résulte qu’en 2006, elle a consommé 107 000 m3 de carburant, émis 279 135 t de CO2 (flotte appartenant au périmètre de la "maison mère", c’est-à-dire flotte propre), tandis que ses sous-traitants Courrier/Colis (France) sont responsables de l’émission d’environ 261 000 t de CO2. Autant conclure avec Benjamin Garcia que les « transports et la logistique représentent des enjeux environnementaux majeurs à la Poste ».
 
        La R & D pour satisfaire l’objectif environnemental
 
« Nous avons pour objectif (fixé en 2004) de réduire de 5 % nos émissions de CO2 entre 2003 et 2007 sur le périmètre de la maison mère ». Pour mener à bien cet engagement, La Poste concentre ses efforts sur 3 axes de travail :
Ø La R & D, et le développement de nouveaux véhicules,
Ø L’optimisation logistique,
Ø Le volet comportemental.
L’objectif général de ces efforts est de réduire les émissions de CO2, de maîtriser les dépenses liées au parc automobile, tant en ce qui concerne les dépenses de carburant, la sinistralité et les arrêts de travail, tout en améliorant les conditions de travail des facteurs, et en véhiculant une image positive et citoyenne de La Poste.
 
Le premier axe, celui de la R & D se concrétise par le programme Postelec visant au développement d’un véhicule électrique de nouvelle génération. Ce programme a vu le jour en 2004 dans le cadre d’un partenariat entre La Poste et le Cereveh (Centre d’études et de recherches sur les véhicules électriques et hybrides) qui verra le développement par Dassault et Heuliez du véhicule de nouvelle génération baptisé Cleanova II et depuis 2005, le test de 8 véhicules en missions postales réelles à Paris et Bordeaux. Pourquoi "nouvelle génération" ? Chacun de ces véhicules est équipé d’une batterie au lithium/ion qui lui permet d’atteindre la vitesse de 130 km/h, et offre une autonomie postale jusqu’à 120 km. Le chargement complet de la batterie requiert 7 heures sur le secteur ; il est toutefois possible de réaliser une charge partielle de 70 % en 30 minutes sur borne rapide.
Ce test permet d’ores et déjà de tirer un premier bilan et d’établir des perspectives. À la mi-juin 2007, ce sont plus de 100 000 km qui ont été parcourus. « Ce véhicule de nouvelle génération s’avère adapté à l’utilisation postale, en l’occurrence des tournées de 15 à 30 km, avec 300 arrêts et redémarrages. Il offre de meilleures conditions de travail pour les facteurs, car ce véhicule est plus facile à conduire, avec moins de stress, moins de bruit », conclut Benjamin Garcia, pour qui, « le plein électrique revient 6 fois moins cher que pour un véhicule Diesel. Le gain environnemental est conséquent puisqu’il réduit de 90 % l’émission de CO2 par rapport au véhicule thermique équivalent. Nous estimons le gain au minimum à 3 t de CO2 par véhicule et par an ». Ces chiffres encourageants ont poussé La Poste à émettre un appel d’offres de 500 véhicules électriques en avril 2007, sachant que l’objectif est de disposer de 500 véhicules en service en 2008, et de 10 000 à l’horizon de 2012. Le gain escompté correspond à la réduction de l’émission de CO2 de 30 000 t à cet horizon. « Et à terme, nous souhaitons remplacer 90 % de nos véhicules légers, soit quelque 40 000 véhicules ».
 
Second axe de recherche, celui des VIF, ou Véhicules Innovants pour Facteur, qui vise à lutter contre l’étalement urbain, à apporter une réponse propre à l’allongement des tournées, à améliorer les conditions de travail du facteur, à lutter bien entendu contre la congestion urbaine et à réduire la pollution atmosphérique et les émissions de CO2… avec l’arrivée à mi-2007 de 1 000 vélos à assistance électrique, la mise en service de 20 quads électriques depuis le 1er janvier 2007, le recours à des chariots électriques pour les facteurs à pied, et la mise en œuvre du système Chrono City de Chronopost. Il s’agit là d’une plate-forme automotrice de livraison et de collecte des colis,composée d’un chariot électrique et d’un véhicule électrique de petit gabarit.Elle autorise l’emport d’un chargement de 1,5 m3, tout en offrant 12 heures d’autonomie. Cette plate-forme déployée dans 8 villes françaises (Aix, Bordeaux, Nice, Montpellier, Grenoble, Paris, Toulouse, Avignon) à mi-2007, donne accès aux centres-villes, rues piétonnes, et autres zones réglementées. Elle est mise en œuvre par exemple à Montpellier, où le centre-ville est interdit à tout véhicule de livraison à partir de 8 heures, sauf à Chronopost qui, grâce à Chrono City, est le seul opérateur de colis express à pouvoir collecter et livrer des colis au cours de la journée. Ses atouts sont multiples : Chrono City participe à la lutte contre la congestion et la pollution urbaine, donne accès à des zones de plus en plus réglementées, et constitue un avantage concurrentiel certain.
« La Poste veut à cet égard être en phase avec les politiques urbaines actuelles et futures qui connaissent un certain durcissement vis-à-vis de la circulation et des accès aux centres-villes », commente Benjamin Garcia.
 
Troisième axe, celui de l’optimisation logistique avec notamment ColiPoste qui réalise le chargement en vrac de colis. Autrefois, ceux-ci étaient chargés dans des conteneurs qui étaient rangés dans des remorques. Aujourd’hui, ces remorques sont dotées d’un tapis roulant de chargement et de déchargement, qui permet d’introduire directement chaque colis dans les camions de liaisons nationales, et ce, sans mise en œuvre de conteneur, de façon à pouvoir gagner jusqu’à 60 % du chargement des véhicules. Au 31 décembre 2006, ce sont 70 % des liaisons nationales qui bénéficiaient d’un chargement en vrac, permettant d’économiser 60 000 km par jour, représentant autant de gains environnementaux. « Notre objectif est d’équiper 85 % des liaisons nationales à la fin 2007 », précise Benjamin Garcia.
Le développement du ferroviaire participe à la recherche de l’optimisation logistique. Chronopost développe depuis 2006 un partenariat avec Sernam par le biais des Trains Blocs Express (TBE) sur deux liaisons (Paris-Orange, Paris-Bordeaux-Toulouse) et le transport de 60 m3 de colis chaque nuit.
Enfin, la création d’une filiale commune de fret ferroviaire entre La Poste et la SNCF verra le jour en 2009. Elle concourt au développement de l’activité de fret ferroviaire à grande vitesse. La Poste vise à transférer vers le rail ce qui aujourd’hui encore est transporté par la route.
Les ELU (Espaces Logistiques Urbains) de Chronopost participent eux aussi à l’optimisation logistique. Ce sont des zones de stockage des colis et des plates-formes d’éclatement en centre-ville qui permettent d’éviter aux camions de se rendre dans les agences souvent situées en périphérie. Ils ont été mis en service à Toulouse (juin 2005), ainsi qu’à Paris(depuis le 1er juillet 2005) : ainsi, l’ELU Paris-Concorde est-il un espace de 950 m² situé dans le parking souterrain de la place de la Concorde. Point de départ quotidien de 16 tournées de collecte et de livraison de 40 000 colis par an au départ et à destination des 7e et 8e arrondissements parisiens, l’ensemble des tournées étant effectué à l’aide de véhicules propres (14 véhicules électriques et de 2 trolleys électriques Chrono City). Il est fait usage de modes de transport alternatifs pour la distribution des colis.
Le bilan de l’Espace de Livraison Urbaine de Toulouse révèle une réduction de 58 % des émissions de gaz à effet de serre en 2006,soit une diminution des émissions de CO2 de l’ordre de 15 t par an.Le gain environnemental apporté par les ELU Paris-Concorde a été chiffre à 16,5 t de CO2 au second semestre 2006.Les deux tiers de ces réductions ont été obtenues grâce à l’utilisation de véhicules électriques et le tiers restant grâce à la réduction des liaisons routières entre l’ELU Paris-Concorde et l’agence de Chronopost Bercy. Ainsi, 20 800 km en camionnette — soit la moitié du tour de la Terre — ont été évités dans Paris. L’économie de gaz à effet de serre de l’ELU Paris-Concorde en 6 mois représente environ 80 allers-retours entre Paris et Bordeaux avec une voiture de petite cylindrée (type Twingo).
 
Le volet comportemental donne la priorité à l’écoconduite
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Un programme de formation des facteurs a été mis en chantier, avec le recrutement de formateurs externes, la formation des formateurs auprès d’un organisme spécialisé (Eco-drive). Trois objectifs sont attendus ici : réduction des émissions de CO2, diminution des coûts, économies de carburant de 5 % à 10 %. Un test effectué en 2005 sur le centre de distribution de Lyon où trois chauffeurs ont été formés : on a observé une baisse de la consommation de 7 % en moins d’un an, une baisse du nombre d’accidents responsables de plus de 70 %, et une économie de 12 000 €.
Ce sont 10 000 facteurs qui sont formés à l’écoconduite au cours de l’année 2007. Il faudra entre 3 et 5 ans pour former les 60 000 conducteurs de La Poste. Sur cette base, on a estimé l’économie à 42 M€.
 
 
 
Le plan d’action Transport d’Easydis (groupe Casino)
 
Voici un système sophistiqué de gestion de la flotte de véhicules de transport des marchandises exploités par Easydis, filiale logistique du groupe Casino. Une fonction de tracking en temps réel est réalisée au travers du positionnement par satellite de chaque véhicule. L’analyse des données transmises au serveur informatique central permet de connaître à tout moment les consommations de gazole et les émissions de gaz à effet de serre, de déterminer les solutions suffisamment innovantes pour réduire la pollution atmosphérique.
 
« Le monde de la distribution est particulièrement observé par les médias », constate Pascal Beyrand (Casino), ajoutant : « nous sommes souvent sous les feux de la rampe ». Les stocks sont minimisés dans les magasins comme dans les entrepôts… Les fournisseurs cherchent eux-mêmes à réduire leurs stocks et mettent de plus en plus de marchandises sur la route… Les marchandises sont donc de plus en plus en mouvement et doivent être gérées au mieux, et au plus vite. « En effet, la gestion du temps va devenir cruciale dans nos métiers, tant du côté de l’industriel, que du distributeur ou du commerçant ». Au travers de cette gestion du temps, c’est de la gestion de l’entreprise qu’il est question, ainsi que de la performance de l’entreprise.
L’entreprise qui génère un fort trafic de camions subit naturellement les contraintes liées à la pollution. Selon Pascal Beyrand, « La mobilisation pour réduire les émissions de CO2 passe par la généralisation du "tracking" ». Les émissions de gaz à effet de serre mesurées par Easydis, et dues au transport de marchandises représentent 16 % des émissions totales. Les autres émissions sont dues aux activités d’entreposage, notamment dans des entrepôts frigorifiques.
Easydis met en œuvre un programme d’optimisation logistique visant à réduire les distances parcourues pour les livraisons, en améliorant les coefficients de remplissage des camions. Pour atteindre cet objectif, le prestataire s’appuie sur son système de tracking qui permet d’optimiser chaque étape du circuit de livraison. À cet égard, il fait usage de deux parcs de flottes : un parc locatif dans le cadre de contrats de location avec des transporteurs qui mettent à disposition leurs véhicules sur les sites d’Easydis, et des véhicules affrétés dans le contexte d’un affrètement classique. « Aujourd’hui, 92 % de notre parc locatif a reçu une gestion sous tracking ». Les kilomètres économisés en 2006 par optimisation logistique et réduction des trajets à vide ont eu un impact direct sur les émissions de CO2. « Nous avons pu économiser de ce fait 3 000 tonnes de CO2 », avance Pascal Beyrand.
 
Le système de tracking mis en œuvre par Easydis
 
Dans la cabine de chaque véhicule se trouve installé un boîtier relié directement à une antenne GPS, ainsi qu’à un équipement de lecture du badge d’identification du conducteur. Un terminal durci autorise d’autre part les échanges informatiques avec le boîtier.
De son coté, le Bureau de Transports d’Easydis exploite le logiciel IODA de planification des tournées en se basant sur les commandes des magasins. Ces données permettent d’estimer le nombre de véhicules nécessaires pour transporter les marchandises à livrer aux magasins. L’intervenant du Bureau de Transports n’a plus qu’à saisir différents paramètres d’affectation de véhicules. Les tournées sont intégrées dans le serveur informatique qui communique directement avec le transporteur, celui-ci disposant des mêmes informations. Les véhicules sont affrétés, puis, dès que le conducteur se sera identifié, chacun d’eux sera mis en relation avec le serveur via une interface baptisée ARPE, afin de l’affecter à une tournée et de le suivre à distance, de vérifier que la tournée se déroule correctement (chaque véhicule remonte en temps réel sa position vers ARPE) et que les livraisons se font dans de bonnes conditions.
L’interface ARPE génère une cartographie permettant de suivre chaque camion à 3 m près, ainsi qu’un tableau de bord sur lequel apparaît chaque tournée, les différents clients d’une tournée, les magasins servis, l’heure de livraison (avec indication des retards de plus de 30 minutes et les écarts permettant de connaître la ponctualité de chaque véhicule)… Grâce à ce tableau de suivi en temps réel, la gestion des heures du conducteur est rendue possible, ce qui permet ensuite d’affecter aux tournées suivantes, les conducteurs qui n’ont pas un potentiel d’heures trop important. Le système fournit également la distance parcourue, la vitesse moyenne du véhicule, la quantité de gazole consommée et la consommation moyenne du véhicule en roulant, et différents autres paramètres servant à analyser les conditions de conduite du véhicule, le temps passé au régime économique du moteur…
« Parallèlement, nous encourageons nos prestataires transporteurs à renouveler régulièrement leurs flottes de façon à privilégier les motorisations récentes, moins polluantes », admet Pascal Beyrand. Fin 2006, 33 % de la flotte était conforme à la norme Euro 4, tandis que 13 % était conforme à la norme Euro 5. « De la sorte, nous pouvons abaisser de façon significative les seuls d’émissions ». Ce sont autant d’oxydes d’azote, d’hydrocarbures imbrûlés, et de monoxyde de carbone qui ne s’échapperont plus dans l’atmosphère… Contribuant de la sorte à la réduction de l’effet de serre.
 
 
Le Plan de Déplacement d’Entreprise réussi par ST Microelectronics Grenoble
 
Le projet de ST Microelectronics vise à promouvoir les transports alternatifs (vélo, bus, tram…) en remplacement de l’automobile pour se rendre sur son lieu de travail. Mis en place à Grenoble par ST Microelectronics, il a permis à ces transports alternatifs d’atteindre entre 2000 et 2005 une part de 50 %. Une phase II est lancée, qui verra ce taux porté à 60 % d’ici à 2010.
 
ST Microelectronics, c’est 50 000 personnes dans le monde, 10 000 personnes en France, 7 000 environ sur le bassin grenoblois, et 2 400 personnes sur le site de design et d’ingénierie du Polygone à Grenoble où intervient Pascale Poblet, chef du projet PDE (Plan de Déplacement d’Entreprise). « Nous avons été confrontés dans les années 2000 à quelques soucis économiques dans le domaine du parking et de l’embouteillage, ce qui nous a conduits à initier des propositions sur les transports des salariés », se souvient-elle. « La réflexion qui s’ensuivit a abouti au Plan de Déplacement d’Entreprise, ou PDE ».
Sur ce site du Polygone enserré entre le Drac et l’Isère, il est quasiment impossible de garer sa voiture. L’évolution très importante des effectifs de la société, notamment en 2001, a généré des besoins de parking. « En effet, si une personne requiert une surface rapportée de 2 m² pour exercer normalement son travail, sa voiture quant à elle requiert un espace de 20 m² », poursuit Pascale Poblet. À l’évidence, plutôt que d’utiliser de l’espace pour garer les voitures, une entreprise préfère accroître la matière grise contenue dans ses bureaux. « D’autres constats devaient être faits : en l’an 2000, 40 % de la consommation d’énergie du site était due aux déplacements du personnel pour venir sur le site du Polygone, 60 % des salariés habitaient dans l’agglomération de Grenoble, et 3 salariés sur 4 venaient seuls en voiture au travail. Ces constats nous ont incités à travailler sur le projet PDE ».
 
La démarche PDE, c’est quoi au juste ?
 
Un groupe de travail a été mis en place en l’an 2000 associant la direction et les salariés. Une enquête a été lancée qui a montré qu’entre 15 et 20 % des salariés utilisaient à l’époque des "transports alternatifs". Vous avez dit… "alternatif" ? On entend par là soit le choix d’un mode de transport autre que la voiture en autosolisme, soit le déplacement en voiture avec une motorisation gaz ou électrique, soit encore la pratique du covoiturage.
Des orientations étaient proposées avec une vision 2005 : on souhaitait que "50 % de la population – soit environ un millier de personnes — de ST Grenoble utilise un mode de transport alternatif d’ici 2005, c’est-à-dire cinq années plus tard". Bref, c’est un projet ambitieux qui était lancé avec l’espoir qu’il pouvait donner des résultats positifs.
Les mesures adoptées pour y parvenir passaient par ce qui a été appelé le"4 * 4 alternatif" et qui s’est trouvé matérialisé par un vélo spécial à trois selles : après avoir déposé sa femme à son travail, son fils à l’école, l’heureux propriétaire de cet engin spécial le gare sur une aire du garage à vélos qui n’est cependant, pas adapté à ce mode original de déplacement. Quoi qu’il en soit, à Grenoble, l’image de ce vélo spécial a fait son chemin dans les mentalités.
Le"4 * 4 alternatif", c’est en fait 4 mesures prioritaires dans 4 domaines prioritaires, soit un total de 16 actions :
1      Développement de l’utilisation des transports en commun. Le site du Polygone se trouve légèrement excentré, à environ 2 km de la gare – Europole. Une navette privée a été mise en service entre le Polygone et la gare aux heures de pointe le matin et le soir (avec des passages un peu moins fréquents pendant la journée). En l’occurrence, une navette gratuite pour les salariés de ST Microelectronics Grenoble : cette navette gratuite a depuis été récupérée par les transports en commun de la ville qui en a fait une ligne régulière. Simultanément a été lancée une participation financière importante à hauteur de 80 % du prix du billet de ST Microelectronics pour les abonnements aux transports en commun, en l’occurrence, les bus du réseau SEMITAG. À cela s’ajoute une participation financière ST Microelectronics pour l’utilisation des lignes de cars suburbaines (Transisère) ou des lignes ferroviaires (SNCF).
2      Développement des transports "verts" : le vélo, dont l’utilisation a été facilitée par la jonction du site de ST Microelectronics avec la rue des Martyrs, par des pistes cyclables et des trottoirs sécurisés. Par ailleurs a été mis en place un "Cyclo – joker", en l’occurrence des tickets de bus gratuits réservés aux cyclistes qui peuvent ainsi prendre les transports en commun les jours de neige, ou par temps froid. Pour venir à vélo avec encore plus de plaisir, les cyclistes reçoivent un sac renfermant un kit de sécurité identifié ST, avec tout ce qu’il faut pour assurer leur confort à vélo notamment les jours de pluie (la cape, les surchausses…), et leur sécurité (le casque, la lumière). Enfin, les voies cyclables ont été aménagées de façon à rendre agréable le trajet du cycliste.
3      Développement des services de proximité : pourquoi se déplacer lorsqu’on dispose déjà sur place de services pratiques comme l’installation d’une borne de service postal, le déploiement d’un kiosque d’accès administratif (Internet, bornes et postes de travail), la mise à disposition d’un service de billetterie TAG (bus et tram) ? Un service de petite restauration sur le site répond à une attente de pause déjeuner rapide et de qualité. Des professionnels interviennent sur le site pour réaliser de petites réparations (gratuites) sur les vélos qui doivent naturellement être bien entretenus pour que leur sécurité soit garantie : la maintenance des 400 vélos du site est assurée de façon systématique, trois fois par an. De surcroît, des contrôles antipollution gratuits devaient être organisés pour les véhicules des salariés : mais pour qu’un contrôle soit efficace, il est nécessaire que le moteur fonctionne à plein régime, ce qui impose un temps d’attente des salariés devant la porte d’entrée pour que le moteur atteigne le régime adéquat : finalement, cette dernière mesure n’a pas été concrétisée.
4      Petits déplacements urbains inter ST : ST Microelectronics est bâti sur plusieurs sites dans l’agglomération grenobloise, dont celui du Polygone, mais aussi Meylan, Montbonnot, et Crolles à 30 km… engendrant de nombreux déplacements. Différentes mesures ont été prises telles que l’augmentation du parc des véhicules de service au gaz naturel mis à la disposition des salariés de ST Microelectronics. Par ailleurs un poste de coordinatrice des déplacements professionnels a été créé. Enfin, est développé le c
Jeudi 21 Février 2008

1) L’entreprise collaborative face au dilemme : réussira-t-elle le pari de l’entreprise citoyenne

2) Une bonne gestion de la chaîne logistique est un atout concurrentiel

3) Table ronde sur les performances environnementales des pratiques de transport et de logistique

4) Groupe La Poste Réflexions sur la réduction des impacts environnementaux des transports

5) La R & D pour satisfaire l’objectif environnemental

6) Le volet comportemental donne la priorité à l’écoconduite

7) Le plan d’action Transport d’Easydis (groupe Casino)

8) Le système de tracking mis en œuvre par Easydis

9) Le Plan de Déplacement d’Entreprise réussi par ST Microelectronics Grenoble

10) La démarche PDE, c’est quoi au juste ?

11) Les résultats de ce challenge : 50 % de transports alternatifs


La Délégation Rhône Alpes de l’ASLOG a organisé à Lyon, le 19 juin 2007, sa première journée de séminaire "Transport et Environnement" autour du fil conducteur des bonnes pratiques urbaines. Il est vrai que la ville de Lyon, carrefour des échanges internationaux, assiste à l’augmentation de ses activités logistiques, au développement du tourisme urbain et à une volonté croissante de maintenir des activités économiques en centre-ville. La maîtrise des flux de marchandises urbains relève de challenges complexes, indispensables à la vie économique et sociale des villes. D’un côté les exigences des consommateurs génèrent des trafics en augmentation. De l’autre, les populations citadines aspirent à évoluer dans un espace où il fait bon vivre, tout en restant en attente de solutions économiques soucieuses de leur environnement. Il s’avère désormais nécessaire de conjuguer les enjeux sociaux, économiques et environnementaux, afin d’en dégager des pratiques durables, mesurer leur impact sur la collectivité et contribuer à leur diffusion à l’échelle européenne. Ce sont là autant d’intérêts contradictoires à intégrer dans la recherche d’une solution d’avenir cohérente pour tous.

« Qui a déjà passé une commande par Internet ? ». La question méritait d’être posée. Et Frédéric Hendrik, directeur délégué en charge des actions régionales de l’ASLOG, de remarquer que l’homme de la rue (vous, moi, nous qui habitons en zone urbaine ou périurbaine) passe commande sur Internet, s’attend à être livré aussitôt après… Par télétransportation, pourquoi pas ? Puisque bien souvent le produit acheté provient de l’autre bout de la Terre, et a parcouru entre 10 000 et 15 000 km. A la limite, on accepterait de le recevoir le plus vite possible, entre 48 heures et une semaine au plus tard après la commande. « Nous autres, consommateurs, nous sommes tous de plus en plus exigeants sur les délais, et ceci, sans qu’il y ait le moindre impact sur notre environnement ! ».

L’homme de la rue – écologique par nature – s’attend même à une réduction de l’impact sur l’environnement. À l’évidence, en somme, l’attente du consommateur est en totale contradiction avec les exigences citoyennes ! « Cette contradiction est appelée à être gérée par les professionnels de la logistique ! », lance Frédéric Hendrik qui concrétise ainsi la présence de l’ASLOG au sein de la région Rhône Alpes, aux côtés de l’ensemble des acteurs locaux, au premier plan desquels figurent les acteurs consulaires, ceux-ci ayant un contact privilégié avec les entreprises.


« Malgré cette contradiction… », commente pour sa part Jean-Luc Bernardet, secrétaire général de l’Alliance Logistique de la Région Urbaine de Lyon (présidée par Jacques Lambert), «… depuis les années soixante-dix, la logistique s’est considérablement développée. La région dispose aujourd’hui d’un parc logistique qui a doublé en moins de 10 ans, pour atteindre plus de 3 millions de mètres carrés entre l’Isle d’Abeau, la Plaine de l’Ain, le sud-est de Lyon ». Un "deal" s’est concrétisé avec les élus par un schéma de cohérence du développement des activités logistiques. Il a vu la création, fin 1999, de cette Alliance Logistique qui vise à répondre à la demande d’interface entre les logisticiens et les collectivités locales. Comme son nom l’indique, l’Alliance se veut œcuménique : elle a pour vocation de regrouper les prestataires, les chargeurs, les distributeurs, les professionnels de l’informatique propre à la logistique, les organismes de promotions, les parcs accueillant des entrepôts, les organismes de formation… Depuis une demi-douzaine d’années, les logisticiens bénéficient là d’une représentation. « Nous avons été amenés à traiter les thèmes les plus divers, comme la disponibilité du foncier logistique, les infrastructures de transport, la réorganisation des marchandises en ville… », précise Jean-Luc Bernardet qui s’interroge aujourd’hui sur l’art et la manière d’aller plus loin dans l’animation logistique du territoire sur lequel il intervient, pour satisfaire les nouveaux besoins exprimés par les entreprises : ainsi en est-il de la création du Pôle d’Intelligence Logistique pour satisfaire les besoins d’échanges, ou de la mobilisation des logisticiens autour de la Délégation Régionale de l’ASLOG qui a organisé cette belle journée sur le thème de la logistique et l’environnement. Thème qui interpelle les chargés de mission Environnement des CCI locales sur des questions relatives au système de management de l’environnement, au transport, comme à la logistique des marchandises dangereuses…

L’entreprise collaborative face au dilemme : réussira-t-elle le pari de l’entreprise citoyenne
 
C’est à Fulvia Allievi Dorosz, présidente de la Commission Logistique et Environnement de l’ASLOG que revient la mission d’ouvrir les débats. Deux remarques préliminaires sont nécessaires : la logistique qui représente 13,8 % du PIB mondial, est devenue le nerf de la guerre, le bras armé de la stratégie des entreprises. Par ailleurs, le thème d’aujourd’hui : l’environnement, ne doit pas être un effet de mode. Car la mode ne dure en fait qu’une saison. Ce doit être un thème de préoccupation permanente dans les entreprises.
« Il est souvent question d’entreprise collaborative, d’entreprise étendue englobant de nombreux partenaires partout dans le monde… », poursuit Fulvia Allievi Dorosz : «… Comment réussira-t-elle à être aussi une entreprise citoyenne ? ». Cette question nécessite de prendre quelque recul, de mener des réflexions globales à l’instar de ce qui est fait par la Commission Logistique et Environnement de l’ASLOG, dont la mission est de « sensibiliser, accompagner et former la communauté logistique à la mise en œuvre desbonnes pratiques environnementalesconstitutives de la nouvelle performance logistique ». à l’évidence, les organisations ont changé. L’entreprise collaborative se caractérise désormais par une complexification des flux physiques et humains, un élargissement géographique et économique de l’échange (le sourcing dans les pays "low-cost" devient une pratique courante), un développement de partenariats multinationaux. Les organisations logistiques sont devenues extrêmement complexes, tellement complexes qu’elles ont aujourd’hui des impacts économiques, sociaux et environnementaux. « L’entreprise prend conscience que la modélisation de sa chaîne logistique doit être revue de façon globalement plus performante », affirme Fulvia Allievi Dorosz pour qui, « dans les nouvelles organisations logistiques, les métiers changent. Les compétences nécessaires au pilotage de cette chaîne complexe ont évolué et sont multiples. Les impacts de son activité sur l’environnement sont de plus en plus importants, et doivent être pris en compte. Nous estimons la maturité des entreprises par leur capacité à intégrer les contraintes logistiques résultant au plus haut de sa planification stratégique ».
 
Une bonne gestion de la chaîne logistique est un atout concurrentiel
 
C’est dans les actes qu’on va juger l’entreprise, et la gestion de la chaîne logistique, bras armé de la stratégie. « Le challenge de l’entreprenariat responsable est de démontrer l’interdépendance de toute entreprise humaine avec son environnement, en amenant celle-ci à une prise de conscience de sa gestion responsable, de la"gouvernance" ». Il n’empêche que, pour satisfaire ses multiples partenaires (actionnaires, parties prenantes, société civile), l’entreprise responsable doit s’engager dans un changement profond de son organisation. « Il ne s’agit pas pour cela de redéfinir ses objectifs, sa mission, ni même sa stratégie », insiste Fulvia Allievi Dorosz, « il s’agit avant tout de changer de manière d’évaluer sa performance ! L’idée fondatrice du développement durable est qu’il est possible de créer simultanément de la valeur sur les trois éléments constitutifs du développement durable : "Profits, Persons, Planet"… Les 3P que le fondateur du cabinet britannique appelle le "triple bottom line" ».
 
Le développement durable est construit à partir de ce schéma de responsabilisation des activités des entreprises.
 
Ces considérations amènent quelques réflexions complémentaires :
      La maîtrise de la demande de transport (flux et volumes) passe par la réingénierie des circuits d’approvisionnements et/ou de distribution (multipick, multidrop, massification…) dans une approche de performance globale.
      La modélisation collaborative de l’organisation logistique globale implique la mise en place de schémas collaboratifs (GPA[1], GMA[2], CPFR[3]…). Essentiel dans toute collaboration : se parler !
      L’inscription du développement durable dans le projet d’entreprise implique la mise en place de chartes [« je m’engage à… »] telles que la charte de l’environnement, de conventions logistiques précisant les attentes de chacun (client et donneur d’ordres), de cahiers des charges (une démarche collaborative bien formalisée permet d’envisager de se mesurer)… et la prise en compte des principes de l’éco-conception, du PLM[4], du QSE (source de haute qualité environnementale), du Bilan Carbone™, de l’empreinte écologique…


[1] Gestion Partagée des Approvisionnements
[2] Gestion Mutualisée des Approvisionnements
[3] Collaborative Planning, Forecasting and Replenishment
[4] Product Lifecycle Management
Table ronde sur les performances environnementales des pratiques de transport et de logistique
 
Cette première table ronde animée par Dimitri Coulon (association OREE de protection de l’environnement) réunit :
      Monique Sirven (Agence Régionale pour l’environnement)
      Fulvia Allievi Dorosz (ASLOG)
      Pascal Beyrand (groupe Casino)
      Benjamin Garcia (La Poste)
      Pascale Poblet (STMicroelectronics)
Rappelons d’emblée qu’Orée a établi un Guide – réalisation concrète d’un groupe de travail de l’association — de mise en place des projets environnementaux dans les différentes organisations (entreprises, collectivités). Plus d’une centaine de personnes a travaillé entre 2004 et 2006 sur ce Guide, qui incorpore 17 retours d’expérience. Il s’adresse à tous ceux qui ont une influence sur la demande de transport : responsables Environnement, responsables Logistique…
 
Monique Sirven traite des enjeux environnementaux en milieu urbain (le transport de marchandises en ville, sur le dernier maillon de la chaîne logistique). « Le transport de marchandises en ville est un paradoxe », dit-elle de prime abord. « C’est indispensable, mais c’est aussi une source de nuisances vécue comme un mal nécessaire ». Force est de constater que toutes les activités, quelles qu’elles soient, agricoles, industrielles, tertiaires, font appel à des ressources de transport, avec des enjeux de développement durable. « Le transport de marchandises en ville subit des contraintes complexes (cadre réglementaire, structures urbaines, possibilité de stationnement, modifications des pratiques résultant du développement du commerce électronique…) et difficiles à coordonner ». De là découlent les enjeux logistiques et économiques vis-à-vis de l’environnement, nécessitant la concertation entre les différents acteurs, du logisticien jusqu’au citoyen consommateur.
 
 
Groupe La Poste
Réflexions sur la réduction des impacts environnementaux des transports
 
Benjamin Garcia, chargé de mission Environnement à la Direction du Développement Durable de La Poste, présente les travaux actuels de ce grand prestataire du transport et de la distribution du courrier qu’est La Poste.
 
La Poste ? C’est l’une des premières entreprises européennes de service avec 300 000 collaborateurs et un chiffre d’affaire 2006 de 20,1 milliards d’euros. Son organisation est focalisée autour de 4 métiers (désignés désormais comme étant des "business units") :
Ø Courrier : 60 % du chiffre d’affaires, 2e opérateur européen,
Ø Colis Express avec des filiales dans 30 pays, 460 agences… Un marché en pleine expansion,
Ø La Banque Postale : 3e banque de détail en France,
Ø Le Réseau Grand Public (autrement dit, les bureaux de poste) : 17 000 points de contact, 2,6 millions de visiteurs par jour.
Par ailleurs, 70 % de l’activité de La Poste est réalisée dans un environnement concurrentiel (demain, ce sera 100 %). Le marché des entreprises représente 85 % du chiffre d’affaires. Enfin, 15,2 % de l’activité est réalisée sur le marché international.
« Le transport est notre cœur de métier » insiste Benjamin Garcia. Qu’on en juge ! Ce sont 987 millions de kilomètres (tous modes confondus) qui ont été parcourus en 2006. On dénombre par ailleurs 70 000 tournées de facteurs par jour, et 95 millions d’objets sont transportés chaque jour, soit un total de 29 milliards d’objets par an ! Pour ce faire, La Poste dispose de 67 000 véhicules motorisés (la première flotte de France), 30 000 vélos, 20 avions, et 3 TGV. Il en résulte qu’en 2006, elle a consommé 107 000 m3 de carburant, émis 279 135 t de CO2 (flotte appartenant au périmètre de la "maison mère", c’est-à-dire flotte propre), tandis que ses sous-traitants Courrier/Colis (France) sont responsables de l’émission d’environ 261 000 t de CO2. Autant conclure avec Benjamin Garcia que les « transports et la logistique représentent des enjeux environnementaux majeurs à la Poste ».
 
        La R & D pour satisfaire l’objectif environnemental
 
« Nous avons pour objectif (fixé en 2004) de réduire de 5 % nos émissions de CO2 entre 2003 et 2007 sur le périmètre de la maison mère ». Pour mener à bien cet engagement, La Poste concentre ses efforts sur 3 axes de travail :
Ø La R & D, et le développement de nouveaux véhicules,
Ø L’optimisation logistique,
Ø Le volet comportemental.
L’objectif général de ces efforts est de réduire les émissions de CO2, de maîtriser les dépenses liées au parc automobile, tant en ce qui concerne les dépenses de carburant, la sinistralité et les arrêts de travail, tout en améliorant les conditions de travail des facteurs, et en véhiculant une image positive et citoyenne de La Poste.
 
Le premier axe, celui de la R & D se concrétise par le programme Postelec visant au développement d’un véhicule électrique de nouvelle génération. Ce programme a vu le jour en 2004 dans le cadre d’un partenariat entre La Poste et le Cereveh (Centre d’études et de recherches sur les véhicules électriques et hybrides) qui verra le développement par Dassault et Heuliez du véhicule de nouvelle génération baptisé Cleanova II et depuis 2005, le test de 8 véhicules en missions postales réelles à Paris et Bordeaux. Pourquoi "nouvelle génération" ? Chacun de ces véhicules est équipé d’une batterie au lithium/ion qui lui permet d’atteindre la vitesse de 130 km/h, et offre une autonomie postale jusqu’à 120 km. Le chargement complet de la batterie requiert 7 heures sur le secteur ; il est toutefois possible de réaliser une charge partielle de 70 % en 30 minutes sur borne rapide.
Ce test permet d’ores et déjà de tirer un premier bilan et d’établir des perspectives. À la mi-juin 2007, ce sont plus de 100 000 km qui ont été parcourus. « Ce véhicule de nouvelle génération s’avère adapté à l’utilisation postale, en l’occurrence des tournées de 15 à 30 km, avec 300 arrêts et redémarrages. Il offre de meilleures conditions de travail pour les facteurs, car ce véhicule est plus facile à conduire, avec moins de stress, moins de bruit », conclut Benjamin Garcia, pour qui, « le plein électrique revient 6 fois moins cher que pour un véhicule Diesel. Le gain environnemental est conséquent puisqu’il réduit de 90 % l’émission de CO2 par rapport au véhicule thermique équivalent. Nous estimons le gain au minimum à 3 t de CO2 par véhicule et par an ». Ces chiffres encourageants ont poussé La Poste à émettre un appel d’offres de 500 véhicules électriques en avril 2007, sachant que l’objectif est de disposer de 500 véhicules en service en 2008, et de 10 000 à l’horizon de 2012. Le gain escompté correspond à la réduction de l’émission de CO2 de 30 000 t à cet horizon. « Et à terme, nous souhaitons remplacer 90 % de nos véhicules légers, soit quelque 40 000 véhicules ».
 
Second axe de recherche, celui des VIF, ou Véhicules Innovants pour Facteur, qui vise à lutter contre l’étalement urbain, à apporter une réponse propre à l’allongement des tournées, à améliorer les conditions de travail du facteur, à lutter bien entendu contre la congestion urbaine et à réduire la pollution atmosphérique et les émissions de CO2… avec l’arrivée à mi-2007 de 1 000 vélos à assistance électrique, la mise en service de 20 quads électriques depuis le 1er janvier 2007, le recours à des chariots électriques pour les facteurs à pied, et la mise en œuvre du système Chrono City de Chronopost. Il s’agit là d’une plate-forme automotrice de livraison et de collecte des colis,composée d’un chariot électrique et d’un véhicule électrique de petit gabarit.Elle autorise l’emport d’un chargement de 1,5 m3, tout en offrant 12 heures d’autonomie. Cette plate-forme déployée dans 8 villes françaises (Aix, Bordeaux, Nice, Montpellier, Grenoble, Paris, Toulouse, Avignon) à mi-2007, donne accès aux centres-villes, rues piétonnes, et autres zones réglementées. Elle est mise en œuvre par exemple à Montpellier, où le centre-ville est interdit à tout véhicule de livraison à partir de 8 heures, sauf à Chronopost qui, grâce à Chrono City, est le seul opérateur de colis express à pouvoir collecter et livrer des colis au cours de la journée. Ses atouts sont multiples : Chrono City participe à la lutte contre la congestion et la pollution urbaine, donne accès à des zones de plus en plus réglementées, et constitue un avantage concurrentiel certain.
« La Poste veut à cet égard être en phase avec les politiques urbaines actuelles et futures qui connaissent un certain durcissement vis-à-vis de la circulation et des accès aux centres-villes », commente Benjamin Garcia.
 
Troisième axe, celui de l’optimisation logistique avec notamment ColiPoste qui réalise le chargement en vrac de colis. Autrefois, ceux-ci étaient chargés dans des conteneurs qui étaient rangés dans des remorques. Aujourd’hui, ces remorques sont dotées d’un tapis roulant de chargement et de déchargement, qui permet d’introduire directement chaque colis dans les camions de liaisons nationales, et ce, sans mise en œuvre de conteneur, de façon à pouvoir gagner jusqu’à 60 % du chargement des véhicules. Au 31 décembre 2006, ce sont 70 % des liaisons nationales qui bénéficiaient d’un chargement en vrac, permettant d’économiser 60 000 km par jour, représentant autant de gains environnementaux. « Notre objectif est d’équiper 85 % des liaisons nationales à la fin 2007 », précise Benjamin Garcia.
Le développement du ferroviaire participe à la recherche de l’optimisation logistique. Chronopost développe depuis 2006 un partenariat avec Sernam par le biais des Trains Blocs Express (TBE) sur deux liaisons (Paris-Orange, Paris-Bordeaux-Toulouse) et le transport de 60 m3 de colis chaque nuit.
Enfin, la création d’une filiale commune de fret ferroviaire entre La Poste et la SNCF verra le jour en 2009. Elle concourt au développement de l’activité de fret ferroviaire à grande vitesse. La Poste vise à transférer vers le rail ce qui aujourd’hui encore est transporté par la route.
Les ELU (Espaces Logistiques Urbains) de Chronopost participent eux aussi à l’optimisation logistique. Ce sont des zones de stockage des colis et des plates-formes d’éclatement en centre-ville qui permettent d’éviter aux camions de se rendre dans les agences souvent situées en périphérie. Ils ont été mis en service à Toulouse (juin 2005), ainsi qu’à Paris(depuis le 1er juillet 2005) : ainsi, l’ELU Paris-Concorde est-il un espace de 950 m² situé dans le parking souterrain de la place de la Concorde. Point de départ quotidien de 16 tournées de collecte et de livraison de 40 000 colis par an au départ et à destination des 7e et 8e arrondissements parisiens, l’ensemble des tournées étant effectué à l’aide de véhicules propres (14 véhicules électriques et de 2 trolleys électriques Chrono City). Il est fait usage de modes de transport alternatifs pour la distribution des colis.
Le bilan de l’Espace de Livraison Urbaine de Toulouse révèle une réduction de 58 % des émissions de gaz à effet de serre en 2006,soit une diminution des émissions de CO2 de l’ordre de 15 t par an.Le gain environnemental apporté par les ELU Paris-Concorde a été chiffre à 16,5 t de CO2 au second semestre 2006.Les deux tiers de ces réductions ont été obtenues grâce à l’utilisation de véhicules électriques et le tiers restant grâce à la réduction des liaisons routières entre l’ELU Paris-Concorde et l’agence de Chronopost Bercy. Ainsi, 20 800 km en camionnette — soit la moitié du tour de la Terre — ont été évités dans Paris. L’économie de gaz à effet de serre de l’ELU Paris-Concorde en 6 mois représente environ 80 allers-retours entre Paris et Bordeaux avec une voiture de petite cylindrée (type Twingo).
 
Le volet comportemental donne la priorité à l’écoconduite
*     
Un programme de formation des facteurs a été mis en chantier, avec le recrutement de formateurs externes, la formation des formateurs auprès d’un organisme spécialisé (Eco-drive). Trois objectifs sont attendus ici : réduction des émissions de CO2, diminution des coûts, économies de carburant de 5 % à 10 %. Un test effectué en 2005 sur le centre de distribution de Lyon où trois chauffeurs ont été formés : on a observé une baisse de la consommation de 7 % en moins d’un an, une baisse du nombre d’accidents responsables de plus de 70 %, et une économie de 12 000 €.
Ce sont 10 000 facteurs qui sont formés à l’écoconduite au cours de l’année 2007. Il faudra entre 3 et 5 ans pour former les 60 000 conducteurs de La Poste. Sur cette base, on a estimé l’économie à 42 M€.
Jeudi 21 Février 2008
SeD Logistique, une croissance forte et régulière sur l'ensemble de ses marchés

Pour SeD Logistique, les années ne se ressemblent pas et pourtant la performance des résultats suit. Le prestataire logistique affiche en effet à nouveau une croissance à 2 chiffres ce qui porte son chiffre d'affaires 2007 à 43 millions d'euros. Ses 3 métiers, prestations logistiques, affrètement, immobilier logistique, participent à ces bons résultats. L'année 2008 s'annonce sous les mêmes augures avec de nouveaux dossiers qui doivent se concrétiser durant le 1er semestre.

Christophe Dubois
SeD Logistique clôt l'année 2007 en beauté et affiche un chiffre d'affaires de 43 millions d'euros, contre 36 l'an passé, soit une progression de plus de 20 %. La part logistique et transport atteint 36 millions d'euros, le reste, soit 7 millions, étant réalisé par la branche immobilier logistique, SeD Immo. Cette hausse de l'activité a logiquement contribué à un accroissement des ressources humaines. Aujourd'hui, l'entreprise a franchi le seuil des 400 collaborateurs.
« Cette réussite traduit la confiance que nous porte nos clients et la justesse de notre stratégie qui a toujours été de préférer une vraie logique de partenariat à une simple démarche de sous-traitance », explique Christophe Dubois, Président-Directeur Général, SeD Logistique.

Une croissance qui profite à tous les secteurs
Spécialisée par filières, Logistique Solutions progresse notamment dans les prestations dédiées au textile, sous la marque SeD Fashion (20 % de l'activité) et celles consacrées au e-commerce avec Logistique online (20 % du CA également). Les autres secteurs – produits de grande consommation, électronique, équipement de la maison et décoration, automobile –, connaissent également une hausse régulière.
Côté transport, Fret Management profite de la bonne marche de la grande distribution qui contribue fortement aux résultats dégagés par cette activité. À court terme, le périmètre géographique de Fret Management, qui opère depuis ses agences de Nantes, du Mesnil-Amelot et de Saint-Quentin-Fallaviers, ne devrait pas évoluer, mais SeD Logistique reste toujours très attentif aux opportunités de déploiement sur la région Nord et l'Est de la France.
SeD Immo clôture l'année sur une note positive avec la commercialisation des 10 000 m² restants disponibles (sur un total de 43 000 m²), sur le site de Saint-Quentin-Fallaviers et la réhabilitation de 2 plates-formes de 25 000 m² à Marly-la-Ville qui ont d'ores et déjà trouvé preneur.

2008 : une année prometteuse
Porté par cette dynamique, SeD Logistique prévoit une croissance toute aussi forte cette année. « Les négociations actuelles sur de nouveaux contrats, notamment dans le secteur du textile, devraient être rapidement finalisées et nous envisageons un démarrage de plusieurs dossiers au cours du 1er semestre 2008. Cela nous permettra de respecter notre tableau de marche et d'atteindre nos objectifs », conclut Christophe Dubois.
Jeudi 21 Février 2008
Tableaux de bord logistique & Entrepôt de données d'entreprise

"Etre à même de gérer ses activités en s'aidant de tableaux de bord et de moyens d'analyse à posteriori, c'est bien mais totalement insuffisant dans le monde compétitif d'aujourd'hui où le fait de pouvoir comprendre ce qui s'est passé et d'être réactif ne permet pas d'envisager de prendre le leadership sur un marché." déclare Michel Bruley, Directeur Marketing de Teradata France. Il nous livre ici sa réflexion sur le sujet.



 

Tableaux de bord logistique & Entrepôt de données d'entreprise
 
Pour faire la course en tête il convient de pouvoir être plus actif, il faut pouvoir être préactif, interactif et même proactif. Pour cela il faut des moyens décisionnels couplés aux systèmes opérationnels, il faut pouvoir analyser librement des données très fraîches, il faut pouvoir mettre de l'intelligence dans la mise en œuvre des opérations (le premier niveau de l'intelligence est celui de la mémoire de ce qui marche), enfin il faut pouvoir innover.

Concrètement, si nous prenons la fonction logistique d'une entreprise, qui vise, par une gestion globale, l'harmonisation, la synchronisation et l'accélération des flux physiques (matières premières, composants, en-cours, produits finis, emballages et déchets) et que nous nous centrons par exemple sur toutes les opérations liées au transport et à l'entreposage, les niveaux d'activité cités ci-dessus sont :

- Réactif : état des stocks, des ordres, des capacités de transport au niveau de chaque site,
- Préactif : visibilité et projection de la situation au niveau de l'ensemble des sites, dans un mode planning,
- Interactif : vision globale et détaillée des situations en temps réel en prenant en compte tous les acteurs y compris les partenaires extérieurs dans un mode collaboratif,
- Proactif : actions d'optimisation technique et financière de la prestation logistique et des niveaux de stocks.
 

 

 Michel Bruley
Ce n'est pas en utilisant les tableaux de bord standard d'un ERP qu'une entreprise peut emprunter la voie de l'excellence décrite ci-dessus. Il faut à minima un entrepôt de données actif pour la logistique et si l'on se rappelle que la fonction logistique n'est pas la seule fonction de l'entreprise impliquée dans la chaîne d'approvisionnement qu'il y les achats, la production, la vente, …, il est clair qu'il faut viser mettre en place un entrepôt de données d'entreprise. Avec une telle architecture il en résulte une vision plus précise des activités, une meilleure aide à la décision et par exemple tous les domaines de la logistique peuvent être positivement impactés : rupture de stocks, niveaux de services client, gestion des goulets d'étranglement, stock de sécurité, niveau de stock & allocation, etc…

Il s'agit de passer d'une logique d'optimisation départementale ou fonctionnelle à une logique de gestion globale des processus en appliquant le niveau de relation client défini par la stratégie d'entreprise. La performance de l'ensemble de la chaîne peut être piloter à travers diverses métriques et projections de tendances quotidiennes, des simulations, des systèmes d'alerte et par la capacité d'appréhender et de répondre en temps réel aux fluctuations. La valeur métier d'une telle approche peut être concrètement mesurées par des réductions de stocks, des réductions des en cours, l'augmentation de la satisfaction des clients, la réduction des temps d'exécution des prestations et par l'amélioration de la précision des prévisions.

Ford Parts & Logistics a mis en place une solution Teradata qui appréhende l'ensemble de la chaîne logistique et permet d'analyser tous les événements concernant chaque pièce. La base de données continuellement mise à jour fournit des informations sur les quantités, les emplacements de stockage, les pièces en transit, la localisation des véhicules de transport, etc. ... et facilite les rapprochements d'informations avec les demandes des centres d'entretien ou de réparation avec in fine la possibilité d'ajuster finement l'approvisionnement des stocks. Ford a obtenu avec ce système au bout de six mois des résultats économiques particulièrement intéressants, avec notamment une réduction de 20% des livraisons différées, une réduction de 30% des livraisons en urgence, une réduction de 30% du cycle de traitement des demandes des centres, etc. … Compte tenu des montants en jeux, ces premiers résultats représentent un retour supérieur à 5 fois l'investissement.

Pour être plus compétitifs, les industriels ont besoin d'une vision unifiée et cohérente de l'information depuis le développement produits jusqu'au service clients. Ils doivent analyser des quantités de données toujours plus importantes, rapidement prendre les bonnes décisions et supporter leur mise en œuvre. Encore une fois ce n'est pas avec les tableaux de bord des ERP que tous cela peut être fait, ni même en multipliant les solutions spécialisées par département mais bien en s'appuyant sur un gisement de données d'entreprise et en l'exploitant avec des applications thématiques adéquates par fonction.
 
Jeudi 21 Février 2008

Comment introduire le développement durable par la porte des achats...

Mêler le développement durable aux priorités des achats n'est plus une inextricable voie sans issue ! Envisager même une réduction stratégique et durable des coûts grâce aux achats durables ? Oui, et se lancer dans cette nouvelle approche des achats permettra aux entreprises de prendre une avance considérable sur l'avenir, pour conserver ou gagner des parts de marché. Telle est l'opinion de Sandrine Grumberg, consultante dans les achats et membre du réseau de consultants Dialogis. Elle nous transmet ici sa vision experte sur le sujet des achats et du développement durable.



 

Sandrine Grumberg
Sandrine Grumberg
Est ce plus cher qu'un achat classique ?
Non, pas forcément, même si un achat durable demandera sûrement plus de recherche et de développement. Un achat "éco-conçu"*, par exemple, permettra la réduction en quantité des matières utilisées, la réduction de la production de déchets, la réduction des énergies servant à sa fabrication ou à sa distribution. La démarche d'une mise en place d'une politique d'achats durables dans la société permettra l'émergence d'idées ou d'échanges de bonnes pratiques avec ses employés et ses fournisseurs, et de ce fait permettra des démarches de réductions de coûts stratégiques à moyen ou plus long terme.
Dans certains cas, la substitution de matières, la modification ou le remplacement d'équipements de production, peut représenter un coût supplémentaire. Mais une fois mis en relation avec la possibilité de majorer ses prix, de réduire sa facture de déchets ou de modifier son image, les surcoûts éventuels sont plus faciles à justifier.

*Le concept d'eco-efficacité a été développé par le World Business Council of Sustainable Development (WBCSD) en 1992. Selon le WBCSD, "de manière simple, l'éco-efficacité consiste à produire plus de biens et de services en utilisant encore moins de ressources et en générant moins de déchets et de pollution"

Un outil efficace pour débuter : le coût global d'acquisition
Avant d'acheter un produit, vous avez peut être l'habitude de comparer quelques offres de prix, et dans la plupart des cas, le prix reste un des seuls critères de décision. Quel dommage, alors que le prix n'est qu'un coût parmi d'autres : le transport, qui coûte de plus en plus cher, le dédouanement, les garanties, les délais, la flexibilité d'approvisionnement, les coûts de stockage, l'obsolescence, et enfin les déchets générés lors de leur production et en fin de vie (chez vous ou chez vos clients..) ; tout compte fait, additionner tous ces critères permet de vraiment décider en toute connaissance de cause, et de faire de réelles économies. Un achat durable ne se limitera pas, par exemple, à l'achat de papier recyclé, mais inclura l'impression elle-même. Savez vous que les 2/3 des impressions en entreprise proviennent de sources numériques (emails, fichiers PDF, documents de traitement de texte...) Pourquoi ? Des écrans peu confortables, mais aussi de mauvaises habitudes à changer. Vous devez négocier durement vos contrats de copieurs et connaissez peut être votre prix à la copie... mais connaissez vous la quantité de papier imprimé ou copié destinée à être jetée après lecture ? Connaissez vous le prix d'une feuille de papier ? On estime que l'impression représente de 1 à 3 % du chiffre d'affaires d'une entreprise.

L'action d'achat durable sera, par exemple, de choisir un papier recyclé de qualité, ou un papier FSC (garantissant un minimum de 17,5% de fibres vierges FSC, le reste des fibres étant soit recyclées, soit certifiées FSC à au moins 50 %), et de réduire la quantité de l'impression. Bien sûr, il faudra regarder le poste des consommables (encres notamment) en étudiant les possibilités de recyclage des cartouches d'encre ou de toner (et non pas seulement sur la reprise des cartouches...). Plus de 50% des entreprises américaines recyclent leurs cartouches, contre seulement 15 % en Europe.

Des résultats étonnants
De nombreuses sociétés notamment aux Etats Unis, ont bien compris l'intérêt stratégique de la prise en compte des enjeux de développement durable dans la propre rentabilité de leur société. Prenez la société Dell « source dell.com », et leur annonce récente aux Etats Unis de regrouper dans un seul emballage plusieurs ordinateurs ou serveurs. Ils en profitent également, faisant une pierre deux coups, pour joindre une documentation unique (CD + manuel d'utilisation) par emballage et non plus par unité vendue. L'intérêt ? Des économies... Estimées à 2000 tonnes de cartons, 1000 tonnes de palettes, 300 tonnes de papiers .... Et enfin pour soigner « l'emballage », les publications marketing "papiers" sont éditées pour plus de 50% d'entre elles sur papier recyclé, et jusqu'à 90% pour les publications normales (les manuels d'utilisation..). Les esprits chagrins pourront toujours dire que ces annonces sont aussi du marketing, mais nous retiendrons le pas en avant franchi, de même que nous avons tous retenus le nom d' Edouard LECLERC pour la suppression des sacs plastiques. Tout ce travail peut se faire seul, mais le mieux est d'y associer vos fournisseurs. Ils ont des idées et peuvent vous permettre de les concrétiser.

Pour consulter le dossier dans son intégralité, cliquez sur le lien en bas de l'article. Pour plus de renseignements, contactez Dialogis ou visitez leur site internet : [www.dialogis.fr]url:http://www.dialogis.fr
 
 
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